Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 07:41

Le 5 juillet 2010 j'écrivais "si tu suis mon regard". Il y a quelques jours je l'ai retrouvé. Intact sur le blog d'une autre.A la date du 8 mars 2012. Rien n'a été changé. Pas même la faute d'orthographe dont je viens de me rendre compte.

Je trouve indélicat ce genre de procédé. Je sais pourtant qu'à l'heure d'internet, le grand n'importe quoi cotoie parfois le meilleur, et je sais aussi qu' indélicat ne fait pas partie du langage de beaucoup.

 

Madame, si ce texte vous parlait et résonnait en vous, il suffisait juste de le mentionner, genre "ce texte trouvé sur le blog XXXX correspond parfaitement à ce que j'aurais pu écrire, je vous le livre pour partager".

Je ne suis pas allée farfouiller bien loin sur ce blog. Il n'y avait encore que quelques textes. Pourtant trop d'entre eux  me rappelaient les miens. Comme par exemple les "J'aime" ou "un peu de moi". Je ne savais pas que j'avais un clone quelque part qui aimait les mêmes choses que moi, et surtout les raconter avec les mêmes mots. Depuis, vous avez changé d'adresse et vous recopiez sur un endroit. "Privé" comme on dit. Pour ma part je vous souhaite de trouver les mots qui sont les vôtres pour pouvoir écrire une histoire qui sera la vôtre. Je vous souhaite aussi tout le bonheur possible accompagné de vos trésors. En attendant Number Three ou Four, je ne sais plus.

 

Par Pétula - Publié dans : L'inconnu du moment
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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 08:07

Il existe quelque part une maison, un appartement à vrai dire, où le silence est étouffant. A chaque fois que je m’y retrouve l’impression est la même. La porte blindée s’ouvre sur un parquet blond et des murs gris bleus. Volonté de sérénité. Dans l’entrée un grand fauteuil en teck attend qu’on y entasse nos manteaux. Une demi douzaine s’y trouve déjà. Quelques pas et nous nous trouvons dans le salon. Je regarde à droite, à gauche, aucun jouet ne traine plus. Rien. Pas même une console de jeu. Rien. «  Vous voulez quelque chose à boire ? ». Mais il n’y a plus de sodas dans le frigidaire et il faudrait se rabattre sur un verre de vin rouge. « Non, merci ».

A une autre époque le couloir qui mène aux chambres résonnait de cris et de bruit de galopades. Que c’était fatigant. Que c’était vivant. Le salon était une véritable salle de jeux. La salle à manger aussi. Et puis la salle de bains, la cuisine et l’entrée. A cette époque là il n’y avait pas cadres de photos posés sur les consoles. Les seules images se trouvaient dans la chambre des parents. Aujourd’hui elles ponctuent l’espace laissant apparaître un gâteau d’anniversaire surmonté de plusieurs boites de bougies, une photo des vacances de deux jeunes amoureux ou une remise de diplôme. Un bruit. Je me retourne le chat persan est passé, courant derrière un fantôme.

Ce sont les premiers de nos amis dont tous les enfants ont quitté le nid. Il y en avait quatre. Dorénavant ils passent leurs week-ends tranquilles, disent-ils en jetant un œil embué sur PetiteChérie. Ils n’ont encore rencontré PetitCoeur que par skype interposé. La faute à l’éloignement. Eux qui ont d’habitude le pied léger pour venir faire un petit tour, n’ont pas souhaité franchir le cap. La faute à leur emploi du temps surbooké. Dorénavant ils courent les Puces et les salles de vente, se sont remis au sport, envisagent de faire un stage de cuisine, de photographie, peut-être même de yoga. Ils font le tour du monde, ne vont que dans les pays où il fait chaud et en ramènent des photos. Pour garder la ligne, ils dinent d’une soupe le soir venu et ont oublié les marques de biscuits préférés des enfants. Je n’ai pas fait attention, mais sans doute y a t-il sur la grande table basse ramenée de Bali un  Hors-Série de Télérama qui traine, celui sur Degas assurément,  un magazine de psychologie ou bien un autre qui parlerait de voile. Les bibelots super fragiles sont descendus des étagères les plus hautes, les tapis anciens ont pris place sous nos pieds et les lunettes pour lire de près ont rejoint le bout de leur nez.

Aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression d’être une gamine à leurs côtés.

Aujourd’hui ils ont la tête des amis des parents.

Par Pétula
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 09:12

 

« t’es sûre mam, tu veux pas »

Oui je suis sûre ! Un peu que je suis sûre. Parce que moi, j’aime pas jouer aux jeux de société. Et en plus ça me gonfle de jouer.

Bien sûr, il m’arrive de leur donner quelques minutes de mon temps pour jouer, mais ce temps mis bout à bout arrive rarement à faire une heure. Quand j’entends des gens dire qu’ils ont passé le week-end à jouer à la wii, à  des jeux de rôle ou au Trivial Pursuit, je ne comprends pas. Pour moi c’est limite un calvaire.

Sans doute ai-je  perdu mon âme d’enfant dans un recoin du salon de chez Maminette, me direz-vous, seul endroit où je me souviens avoir joué petite à un jeu de société. Mais non, parce que déjà, à ce moment là, le seul jeu qui me faisait vraiment vibrer et auquel je pouvais passer plusieurs heures, c’était de jouer à la postière, ou à la bouchère. A chacun ses rêves ! Hein ?

A un moment j’ai bien cru que j’allais m’en sortir quand le Trivial Pursuit a été inventé. Je gagnais tout le temps. Les copains voulaient toujours faire des soirées Trivial et m’avoir dans leur équipe…Seul hic : ça durait trois plombes. Je l’ai bien vite relégué au fond de l’armoire. Mon goût de la victoire n’est pas suffisamment important pour que je perde autant de temps à gagner une partie.

Et pourtant je crois bien que je les achète tous. Du Uno à Cluedo (1, 2 et 3), en passant par Othello ou le Monopoly, Trivial Pursuit et ses multiples séries limitées, Mikado et Force 4, et même soyons fous, les valisettes complètes avec petits chevaux, roulette et jeux de l’oie que je trimbale là où la mer a des vagues et avec lesquelles on ne joue jamais. A chaque fois je me dis : avec celui-ci je vais enfin devenir la maman parfaite. Celle dont tous les enfants rêvent. Je vais m’asseoir avec eux et je vais jouer. Mais j’ai toujours autre chose à faire. Ou alors ce n’est pas le bon jeu.

Depuis que Tanh est avec nous, pourtant, je joue à la maîtresse. On entraine notre mémoire (avec les Mémory), on s’entraine à reconnaître les formes et les couleurs (Géoformes), on fait des empilages et des puzzles (katamino) on fait de la discrimination visuelle (ouais autant que faire se peut) (avec Gagne ton Papa qui devient alors Gagne ta maman), on s’entraine à la patience (puzzles), on entraine nos oreilles (Simon), on entraine notre toucher (cartes en relief) ou notre odorat (Nez) bref il semblerait bien que je joue.

Alors quand PetiteChérie me dit : « tu veux bien jouer avec moi ? »… je suis un peu mal à l’aise. Alors je lui dis : « oui mon cœur, tu veux apprendre quoi ? ». Je ne m'explique toujours pas pourquoi elle a tourné les talons et est allée écouter de la musique….`

 

 

Par Pétula - Publié dans : la vie comme elle va
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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 07:41

Tout en douceur. Ni cris, ni heurs. Pas même de pleurs.

Tout en douceur ils sont passés de trois à quatre. Un peu serrés à l’arrière de ma petite auto, ils ont ensemble fabriqué le nouvel agencement de nos soirées. Peut-être se chamaillent ils encore pour les places autour de la grande table. Qui pourra se mettre à côté de qui, qui pourra regarder rêveusement à travers la fenêtre tout en avalant le dîner, qui encore, juste en tendant les doigts, pourra toucher la main de maman.

Ils sont passés de trois à quatre sans trop de difficultés apparentes. L’une a grandi d’un coup. Se permettant enfin de devenir une jeune fille. Un autre bébé prenant sa place elle a colorié ses yeux de couleur, a laissé ses boucles flotter sur ses épaules, a enfilé des tenues qui lui allongent encore plus les jambes et a laissé éclater son rire en voyant un autre faire les bêtises qu’elle faisait encore il y a quelques mois.

Un autre a découvert comment entr’ouvrir  la porte des garcons. Laissant un coin du canapé et une manette de jeux à un petit frère, lui permettant d’entrer doucement dans son monde, d’en découvrir toutes les facettes et toutes les subtilités. Un grand qui a partagé les bras d’une maman dont il était l’unique et qui avait si bien préparé la place. La grande, enfin, qui a découvert les joies du maternage et la difficulté à quitter un petit gars qui la couvre de baisers, le laisser changer et évoluer, le temps d’une semaine, pour mieux le retrouver l’espace d’un week-end.

Quant à lui, tranquillement, il les a fait entrer dans son monde. Au son de sa voix fluette et des chansons qu’il choisit sur l’Ipod, au rythme de ses cavalcades en vélo à travers la grande pièce, narguant au passage les rollers qui tentent de le semer. Il leur a montré ce qu’est la résilience, exemple extraordinaire s’il en est. Il nous parle du Vietnam quand il voit flotter au vent des drapeaux de la Catalogne, il nous parle de Vietnam encore quand il croise ces nouveaux vélos de bobos poussant une cariole à l’intérieur de laquelle est assis un enfant. Il veut regarder le film de notre rencontre et celui des premiers jours ensemble. Inlassablement. Comme pour se souvenir d’où il vient pour mieux aller vers demain. Il nous bluffe par sa force et la tendresse qu’il dispense sur nos joues, gage s’il en est de l’excellent travail des nounous là bas qui lui permette de bien grandir ici.

Quand je les regarde marcher devant moi, main dans la main en une droite ligne, ma respiration s’apaise. Il est encore un peu tôt pour dire que la greffe a pris mais une chose est certaine pourtant, Merci, les enfants vont bien!


Par Pétula - Publié dans : la vie comme elle va
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 18:32

Il y a une chose de sûre et certaine quand les cigognes sont enfin passées: le temps file à toute allure! Je ne sais pas trop si j'ai répondu à toutes celles qui m'avaient demandé leur adresse pour continuer à suivre les aventures de Tanh dans son nouveau chez lui. N'hésitez pas à m'en faire à nouveau la demande si jamais j'avais oublié...

Un mois que nous sommes rentrés avec un petit garçon plein de vie dans nos bagages.

En un mois:

* il comprend tout ce qu'on lui dit. Tout. Vraiment tout. Même "Chéri va me chercher un rouleau de papier toilette dans les autres WC il n'y en n'a plus ici" (vécu dans la vraie vie!)

* Il dit pas mal de choses: papa, maman, les prénoms de tout le monde, pipi et caca, biscuit, banane, encore, regarde, c'est fini, on y va, merci, si te plait, maison, voitureeee et j'en passe

* il chante "à vous dirais-je maman"... je veux dire qu'il chante en français hein, et aussi "vive le vent" mais là c'est plus compliqué ça donne: "vivivent, viviven, lalaladiver"

* il a pris 2 cm et 2 kilos

* il trouve que les cheveux qui poussent c'est pas agréable

* il a accepté de mettre de nouvelles chaussures au bout de trois semaines (mais il a fallu cacher les anciennes)

* il mange de tout (épinards, blettes, carottes, chou fleur, toutes les viandes possibles, le fromage)... mais refuse catégoriquement de manger du riz!

* il fait des câlins XXL et des bisous baveux qui sont de véritables anti rides

* il fait fondre le coeur les résistances, enfin... presque toutes... mais ça c'est une autre histoire.

 

 

Par Pétula
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