Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 07:18
Parce qu'on n'a pas toutes la chance de pouvoir assister à une de ses conférences, alors que ça devrait pourtant être obligatoire et prescrit par ordonnance. Parce que ça peut nous servir, un jour ou l'autre, parce que rien que de lire le compte rendu fait par Sonia ça me fait du bien.
Je n'ai rien changé à ses écrits. En tant que maman adoptive ce qu'elle a retenu de la conférence lui parle. Et moi ça me va.
Bonne lecture!
"Conférence JF CHICOINE – 22/10/11
Sommeil, comportement, discipline, autonomie, socialisation et autres défis quotidiens avec l’enfant adopté

Si votre enfant ne comprend pas les instructions une fois sur 10 : c’est la normalité, il ne faut pas s’inquiéter.
Ce qu’il faut garder en tête, c’est la blessure primitive
Elle peut se traduire sous la forme d’une intoxication au plomb, Syndrome d’alcoolisme fœtal, malnutrition, pesticides, stress maternel = dès le début dans l’utérus, tous ces traitements donnent un style particulier à l’enfant.
Techniquement cela donne un taux de CORTISOL trop élevé dans le cerveau qui affecte les structures en croissance.
L’enfant doit donc assurer sa survie par une relation d’attachement comme il peut, souvent en se faisant remarquer.  C’est pour quoi il est important de savoir si c’était toujours la même personne qui s’occupait de lui à l’orphelinat.
Sa manière de voir le monde est bâtie en fonction de la méthode d’éducation des premiers jours, des premières semaines. L’enfant qui n’a pas connu la relation n’est pas capable de la comprendre.
Il faut cultiver l’attachement, changer son modèle opérationnel interne.
Ce n’est qu’à partir de 14 ans qu’un enfant adopté est capable de comprendre et de faire abstraction.
Pyramide  (par ordre d’importance) L’amour n’y est pour rien dans la réussite de l’adoption
1/ manger, boire, besoins primitifs
2/ confiance, sécurité, apaisement
3/ relation/amour
4/ talents, scolarisation
5/ sens à sa vie


NASA
N= s’en occuper
A= donner nourriture affective
S = structure
A = aventure
Au-delà de 18 mois en institut, les risques sont plus grands sauf s’il est resté bien avec ses parents de naissance les premiers mois ou avec une nounou.

Les sens à développer
Premier sens à développer : voir / regarder /entendre
Sens à développer sinon pas de perception de la vie
1/ toucher, caresser
2/ système vestibulaire : rester en équilibre, bercer les enfants, les porter
3/ vue : il doit regarder dans les yeux, se mettre à sa hauteur, le toucher
4/ gout : appétit, apprendre à connaitre ses gouts et les développer
5/ proprioception : savoir si on est debout, un enfant qui est toujours à gigoter peut avoir ce problème
Trouble de modulation sensoriel : voir un ERGOTHERAPEUTE (1 enfant sur 5 en souffre)
Il existe un coussin sous forme de pieuvre bleue, il doit s’assoir dessus et faire les mouvements : occuper leurs mouvements double leur attention
Acheter un ROCKING CHAIR et les BERCER !!!! Très très important, lui donner le biberon, ne pas lui laisser un biberon seul, plutôt un bec verseur, un verre
Il faut gaver nos enfants d’affection , faire des bisous, les valoriser, les rassurer, tous les prétextes sont bons pour montrer à son enfant qu’il est important, qu’il fait bien, toujours lui dire quand il fait bien, ne pas hésiter à lui dire 30 fois par jour qu’on l’aime, qu’on est là pour l’aimer

En cas de crise qui ne se calme pas, on peut la transformer en scène de cinéma, on propose à l’enfant de rejouer la scène désagréable, puis on lui propose de faire la version agréable
Pour éviter les crises et valoriser son enfant, il faut toujours lui demander son avis plutôt que de lui imposer votre décision. Toujours lui donner le choix, lui montrer qu’on est contents de sa décision.
Exemple : on veut sortir avec lui, on lui demande : veux tu sortir avec lui ou rester ?
Ah bon, tu veux rester ? C’est dommage car dehors il fait super beau et il y a plein de jouets, maman aimerait beaucoup y aller. En général, le petit a déjà changé d’avis, on lui dit « tu as changé d’avis ? C’est super !!! » Sauter de joie, montrer qu’on est contents.
On leur doit un amour inconditionnel, même s’il vous fait chier vous êtes condamnés à l’aimer.

Il y a le + de crises vers 3 / 4 ans.
Ne pas laisser un enfant seul dans un coin, les enfants adoptés ne se calment qu’avec leurs parents.
Ici aussi on lui laisse le choix : tu te calmes ou tu vas au coin
S’il ne se calme pas, on le met au coin, mais on va avec au coin. Lui passer le message « je reste avec toi-même si tu te déstructures, on sera toujours là quoiqu’il arrive »
On reste avec lui, une minute par année de l’enfant. Avec cette méthode on le culpabilise mais on ne le met pas dans la honte tout seul. Il faut trouver un coin qui n’est pas humiliant. Il faut même trouver un coin dans la voiture pour les crises à l’extérieur quand les sorties sont difficiles.
La punition ne se discute pas, il faut être clair, simple, pas trop discuter, on lui explique.
Ne pas hésiter à dire à un enfant « ça ne te regarde pas, ce n’est pas ton problème, c’est celui de papa »
Exemple si un enfant demande si on a mis de l’essence dans la voiture, il exprime une angoisse, on lui dit tout simplement  « ça ne te regarde pas, c’es t mon problème »
Ne jamais transmettre son angoisse.
Il n’y a qu’à 3 ans et demi qu’ils ont un sens du bien et du mal, aux relations et qu’ils ont des souvenirs également.
Si un enfant est trop calme, s’adapte trop à tout, il faut s’inquiéter.
Après 7 ans, on peut bien leur raconter leur histoire, ouvrir la boite à souvenirs.
Chicoine ne croit pas trop à la régression, il croit surtout que les enfants n’ont pas progressé, qu’ils sont immatures mais qu’on ne l’avait pas encore remarqué.
L’adolescence se termine vers 23 ans
Le sommeil : toujours dans son lit
Si l’enfant en ressort, distribuer des bons de sommeil, maxi 2.
Il a le droit de venir vous réveiller deux fois, on lui demande ce qu’il veut, on fait tout ce qu’il veut : boire, faire pipi mais on lui explique qu’il n’en aura que deux et pas +
Si le deuxième est utilisé, ne pas rentrer dans la chambre. Si vraiment c’est le drame, se coucher un peu à côté de lui mais pas plus de deux nuits.
On peut même lui autoriser la lumière et un livre
En général, l’enfant n’utilisera pas le deuxième bon de peur de ne plus en avoir.
Le quota de sommeil et la quantité de ce qu’ils mangent n’est pas NOTRE problème mais le leur.

Pour les parents qui travaillent, il est important de privilégier la qualité de la relation le soir, surtout qu’après 17h leur vigilance n’est plus du tout la même.
Instaurer l’apéro avec les deux parents : 20 mn tous les soirs
C’est un moment à lui, on le laisse choisir ce qu’il veut faire et on est à sa disposition, on n’intervient pas, on peut jouer, on peut trinquer, faire un petit apéro, on peut dessiner, chanter, danser. Il faut les valoriser, les féliciter de leurs choix même si on fait des trucs débiles.
Ces 20 mn là vont vous assurer la sérénité de la soirée normalement.
Ne pas les scolariser trop vite : ils ont besoin qu’on leur redonne le temps de temps de jouer qu’ils n’ont pas eu. Nourriture affective avant structure.
Les papas : grâce à eux qui ne sont pas parfaits, qui les coiffent mal, qui les habillent mal, l’enfant arrive à comprendre  que tout n’est pas parfait. Le rôle des papas est important, ils ne doivent pas remplacer la mère, ils sont là pour les bagarres, les luttes saines, ce n’est pas au papa d’avoir peur pour son enfant, la maman ça suffit. Cette relation apporte la confiance à l’enfant, il lui fait de la testostérone, cela favorise sa structure.
Les parents doivent être structurants et contenant même si c’est épuisant.
Ils ont constaté que les enfants de l’est ont besoin de plus d’attention, ce n’est pas une question de gênes mais d’environnement.
Attention aux troubles de l’attention avec hyperactivité ou impulsion : ce sont des enfants normaux mais ils doivent être reconnus dans leur différence.
Racines / boite à racines : y mettre plein de choses, pendant l’attente et même après, avec lui, des images de son pays.
S’il dit que sa maman d’origine lui manque, lui dire de regarder la lune, elle aussi la voit, ça peut être un lien.
Faire un arbre généalogique.
Une ligne au milieu, vers le haut on met les parents adoptants, les frères et sœurs, les grands parents, et ainsi de suite
Et sous la ligne on met ses parents de naissance
On lui demande s’il veut un frère ou une sœur de là bas, on met en plus important la phot o de la nourrice qui s’en est occupé avant de mettre un dessin qui matérialise la maman de naissance…coller des images du pays.

Un enfant réalise son adoption vers 7 ans / voire 8 ans pour ceux qui ont le plus souffert.

Syndrome traumatique développemental
 Troubles sensori -perceptifs
Troubles moteurs
Troubles cognitifs
Troubles du langage
Insécurité affective
Syndrome post traumatique

Quand parler de l’adoption à l’enfant : le faire tout de suite, par plein de petites occasions, aller au devant surtout s’il n’en parle pas, sortir la boite à racines, amener le sujet régulièrement sans trop en faire, en tout cas ce n’est pas normal qu’ils n’abordent pas leur adoption

Retour au pays OK mais pas trop tôt, l’idéal c’est entre 16 et 18 ans.

NOUS DEVONS AGIR PAS REUSSIR
Par Pétula - Publié dans : Et si on parlait d'adoption?
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